Sur Facebook, les grands clubs français doivent recruter à l’étranger

Published On 22 février 2013 | By Olivier | Actualité, Clubs

Kurt Salmon et Euromed ont réalisé une étude sur les médias sociaux et les clubs de football professionnels. Dans cet étude, sont comparés différents critères (nombre de like, localisation des fans) des clubs de football des cinq principaux championnats de football (Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie). Sans véritable surprise, on apprend que les clubs français sont les moins « aimés » : total de 6 millions de « j’aime », contre 10 pour les clubs allemands. Premier League et Liga sont loin devant, avec plus de 75 millions de « jaime » pour les clubs de ces deux championnats.

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Néanmoins, ces chiffres masquent plusieurs autres caractéristiques de chacun des championnats. On voit, ainsi, que, dans chacun des 5 championnats, les 3 clubs possédant le plus de fans représentent entre 24 (Angleterre) et 33% (Espagne) du nombre total de « jaime » par championnat. Conséquence : le nombre moyen de fans par club (hors top 3) est très variable : l’Espagne est au même niveau que la France (environ 75 000), alors que l’Angleterre est très loin devant (1 160 486 fans).

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Dans le détail, club par club, on observe que  le Barça, le Real et Manchester United sont loin devant tous les autres clubs. La Premier League compte le plus de clubs « millionnaires » (6), alors que la Ligue 1, la Bundesliga et la Liga n’en comptent que 2. Avec l’Olympique de Marseille et ses 2,3 millions de fans, la France possède le plus petit leader des 5 championnats, tandis qu’elle a le troisième club le plus faible (Troyes, 5 561 fans).

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Statistique intéressante de Kurt Salmon et Euromed : le pourcentage de fans locaux des 2 clubs les plus « likés » par championnat. On voit ainsi, que l’Angleterre et l’Espagne ont deux leaders aimés essentiellement à l’étranger (moins de 5% des fans sont locaux). A l’inverse, les deux clubs français (PSG et OM) sont les seuls dont les fans locaux sont majoritaires (OM, 62%) ou quasi-majoritaires (PSG, 45%).

Pour Kurt Salmon et Euromed, les clubs français ne font rêver… que les Français : « En effet, le nombre total de fans « locaux » de l’OM ou du PSG est bien souvent équivalent à ce qui se fait en Espagne, en Angleterre, en Italie ou encore en Allemagne pour les clubs les plus populaires ». Leur conclusion ? « Le sujet du développement de la popularité des clubs français sur Facebook ne se poserait donc qu’à l’échelle internationale. Cette problématique est peu ou prou la même que celle à laquelle doit faire face la LFP pour développer les recettes tirées de la vente des droits de retransmission de Ligue 1. En définitive, plus qu’une politique marketing agressive, seuls les succès des clubs français sur la scène européenne permettront à nos clubs de créer une envie, de se rendre attractifs pour assembler in fi ne une communauté de fans, de consommateurs qui dépassent largement le cadre de nos frontières. »

Si je suis d’accord avec le fait que la marge de progression, pour les grands clubs, est à l’international, je pense que cette progression ne se fera pas uniquement par la victoire. La victoire offre un coup de boost indéniable, c’est évident, mais l’appui sur « les marques périphériques » (comme les appelle Kurt Salmon) me semble un élément important : David Beckham possède 24 millions de fans sur Facebook, Cristiano Ronaldo en a plus de 50 millions. Le PSG va nécessairement profiter de la popularité du premier (même s’il ne cite jamais la page du PSG, le recrutement est actuellement deux fois plus rapide depuis son arrivée) et bénéficiera de celle du second s’il rejoint le club cet été. Et ce, quelques soient les résultats du club en fin de saison.

Si tous les clubs français n’ont pas les moyens de se payer un Beckham ou un Ronaldo pour recruter des fans internationaux, s’appuyer sur ses joueurs étrangers peut être un moyen d’accroître sa popularité sur Facebook et développer la valeur de sa marque à l’international.

D’autres clubs choisissent la proximité avec les pays étrangers, comme Liverpool, qui a déjà créé une page pour ses fans en Indonésie (en plus des différents comptes Twitter). Une stratégie sans doute plus lente, mais plus sûre, car moins dépendante d’un joueur, qui peut partir au bout de 6 mois. Je regrette, par exemple,  que l’OM, pourtant populaire au Maghreb, n’ait pas une présence digitale plus accrue en Algérie (le club y a/avait une boutique en dur), au Maroc ou en Tunisie.

Reste que, pour les grands club français, c’est à l’international qu’ils disposent des marges de progression les plus importantes. En France, ils semblent avoir fait le plein. Pour les autres clubs, la comparaison n’étant pas faite entre les fans locaux et les fans étrangers, il est difficile de savoir où se situent les éventuelles marges de progression. Celles-ci semblent exister, notamment par rapport aux pays anglo-saxons, alors que les « petits » clubs français sont au même niveau, sinon meilleurs que les « petits » clubs espagnols ou italiens.

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About The Author

Olivier est le créateur de Social Sport. Il est passionné de sport et voit dans les médias sociaux une source de développement pour les organisations sportives, aussi bien les clubs, que les athlètes, les fédérations ou les sponsors.